|
Les exceptions à la règle d'argentUne exception relativement courante à la règle d'argent arrive quand le paiement du dagesh ne s'applique pas. Le paiement du dagesh s'applique dans les cas où une voyelle brève non accentuée devrait être suivie d'un dagesh (par exemple après un article défini, ou dans un verbe פִּעֵל). Si jamais la consonne qui suit la voyelle brève est une gutturale ou un ר, alors pour compenser le fait que le dagesh ne s'applique pas à ces lettres, on allonge la voyelle. Mais, curieusement, cette règle assez naturelle ne s'applique pas toujours. Et dans ce cas, la brève non accentuée devient ouverte, violant ainsi la règle d'argent. Par exemple : הַחֶדֶר. Dans ce cas de figure, l'article ne change pas de voyelle. La consonne en rouge est contraire à la règle d'argent. Certains noms portant des ségols violent également la règle d'argent. Prenons le mot פֶּלֶא. Les deux syllabes sont brèves et ouvertes. L'une d'elle est accentuée, donc non concernée par la règle d'agent (en l'occurrence la première). Mais la deuxième, en rouge, est non accentuée, donc contraire à la règle d'argent. On peut expliquer ceci par des raisons étymologiques qui seront expliquées dans une version ultérieure de ce site.
Autre présentation des syllabesCertaines grammaires considèrent qu'un sheva mobile ou un hataf avec leurs consonnes sont des entités à part entières, nommées demi-syllabes. Dans la mesure où ces choix n'impliquent aucune règle réelle de grammaire, c'est un choix de classification qui n'a aucun impact sur la réalité, mais qui me parait peu logique. Je trouve que la présentation classique donne des règles plus simples à exprimer. Même la règle d'or...(REMANIE le 21/08)Une règle sans exception aurait de quoi surprendre le lecteur. La plupart des livres de grammaire disent qu'ils n'existe pas d'exception à la règle d'or. Et pourtant.... Dans accent III sont décrits les impacts de Nasog Ahor et du maqaf sur les syllabes fermées dotées d'une voyelle brève : la voyelle est raccourcie. Ces règles ne sont pas toujours vraies. 2 exemples sont connus de l'auteur du site concernant nasog Ahor. Le premier dans Nombre XVII-23, le suivant dans Nombre XXIV-22 : Les premiers mots de ces deux expressions sont millera' à l'état naturel. La règle nasog ahor a fait remonter l'accent vers l'avant-dernière syllabe. Du coup, la dernière syllabe enfreint la règle d'or : voyelle longue dans une syllabe fermée non accentuée. Il aurait pourtant été facile aux massorètes d'écrire ויצֶץ ou לבעֶר. On observe quand même un meteg après l'accent, chose rare (mais cf Génèse XXVII-2,5,6 et 7). Deux hypothèses :
Ces deux explications ne sont pas vraiment satisfaisantes. En effet, la règle d'or et la règle d'argent s'appliquent normalement à une syllabe dotée d'un méteg. Celui présent dans les deux exemples ne fait donc que "limiter la casse". Ces deux exemples sont répertoriés dans la (bonne) littérature. La découverte récente de l'auteur de ces lignes est que la présence d'un maqaf provoque très souvent une violation de la règle d'or. Certains exemples sont justifiables par le texte consonantique qui porte un ו ou un י jouant un rôle de voyelle longue qu'il n'a pas été possible de supprimer en ajoutant les signes massorétiques. Exemples :
Mais dans d'autres cas, les massorètes ont délibérément maintenu un tséré ou un holam hasser qui n'apparait pas dans le texte consonantique:
Un cas semble offrir un semblant d'explication sémantique :
Un commentaire du Ish Matsliah explique qu'il importe de bien allongéer בן pour montrer qu'il ne s'agit pas d'un état construit (בֶּן) mais d'un état absolu (בֵּן). Le sens est "Sixième enfant" et non "Enfant du sixième". Si dans les 2 cas de nasog ahor ci-dessus, on trouve une compensation par des meteg, ici la situation plus confuse. La plupart des éditions mettent rarement un meteg ( mais le font au même endroit entre elles). Dans les exemples cités, seul Shemot XV-I porte un métég. Mais le Ish Matsliah choisit de mettre un meteg dans tous les cas de violations de la règle d'or. D'où sort-il cette tradition ? Mystère. (En attente : et le Rav Breuer ?).
Exemples détaillésPrenons la première phrase de la Bible qui ne comporte pas de difficulté particulière et décomposons-la en syllabe. Syllabe : בְּרֵא ouverte longue non accentuée avec un sheva mobile . Règle d'argent. Le dagesh initial est léger. Syllabe : שִׁית fermée longue accentuée. Syllabe étrangère. Syllabe : בָּ ouverte longue non accentuée. Règle d'argent. Le dagesh est léger. Syllabe : רָא ouverte longue accentuée. Syllabe : אֱלֹ ouverte longue non accentuée. Règle d'argent. La voyelle de la sylalbe étant le holam du ל. Syllabe : הִים fermée longue accentuée. Syllabe étrangère. Syllabe : אֵת fermée longue accentuée. Syllabe étrangère. Syllabe : הַשׁ fermée brève non accentuée. Règle d'or. La première partie du shin redoublé (dagesh fort) fait partie de la première syllabe. Syllabe : שָׁ ouverte longue non accentuée. Règle d'argent. La deuxième partie du shin redoublé par le dagesh fort fait partie de cette syllabe. Syllabe : מַ ouverte courte accentuée. Syllabe étrangère. Syllabe : יִם fermée brève non accentuée. Règle d'or. Le י est une consonne. Syllabe : וְאֵת fermée longue accentuée . Le sheva du vav est mobile. Syllabe étrangère. Syllabe : הָ ouverte longue non accentuée. Règle d'argent. Cas de paiement du dagesh. Syllabe : אָ ouverte longue accentuée. Syllabe : רֶץ fermée brève non accentuée. Règle d'or.
|