Yitro
Précédente Accueil Suivante

 

Parasha Yitro

Dates : 10/02/2007, 26/01/2008, 14/02/2009, 06/02/2010

Les versets commentés ci-dessous par Philippe E sont chantés par le Rav Zecharia Zermati de l'Institut Torat Emet de Jerusalem : Enregistrement de Yitro.

Versets commentés - Chapitres XVIII et XIX

Versets commentés - Chapitre XX

Dagesh résultant de Da’hiq

XX-20, 21 Le ל de תעשה־לי

Autres Dagesh

XIX-9 Le ב de אליך בעב : contrairement aux apparences, ce n’est pas un cas d’application de Ate Mera’hiq. En fait, bien qu’il soit toujours suivi du Segolta, le Zarqa est Ta’am Mafsiq. Le ב porte donc un Dagesh Qal.

Mille’el résultant de Nasog A’hor

XVIII-21 שנאי בצע : le נ porte un Sheva mobile, car le mille’el est artificiel. Les règles du sheva s'appliquent à l'état naturel du mot qui est millera'. Le holam du ש doit donc être considéré comme long et non accentué. Prononcer so-né'é.

XIX-5 והייתם לי : Cet exemple contredit deux règles du Nasog A’hor : le premier mot se termine par « tem », et le deuxième mot porte un Shofar Mehoupakh, qui est Ta’am Mesharet. Il s'agit d'un nasog ahor contraire aux règles du dikdouk.

XX-19אלהי כסף  : Elohe est Mille’el du fait de Nasog Ahor. Par contre, dans ואלהי זהב, Elohe est Millera’.

Autres Mille’el/Millera’

XVIII-7 הָאֹהֱלָה : il existe une divergence sur la lecture de ce mot : de nombreuses sources, dont le Ketav Yad Leningrad, le tanakh Koren, le site mechon-mamre et le tikoun qor'im simanim considèrent qu’il est Mille’el. Le Ish Matslia’h considère qu’il est Millera’.

En général, lorsqu’un ־ָה (qamats suivi d’un ה)  vient en suffixe d’un nom (propre ou commun) pour désigner un lieu, le mot devient Mille’el. Exemples : חָרָנָה, קֵדְמָה, הַשַּׁעְרָה, vers Haran, vers l'est, vers la porte.

Le problème est posé ici par la présence du ‘Hataf Segol sous le ה : si le ה portait un Sheva Na’h, le mot serait similaire à השערה et serait Mille’el. La présence du ‘Hataf Segol semble indiquer que si la lettre n’était pas gutturale, elle aurait porté un Sheva Na’. Ce Sheva Na’ ne se justifie que si le mot est Millera’, car la règle disant que le Sheva est Na’ après une voyelle longue ne s’applique pas si le mot est Mille’el.

La façon dont on tranche cette divergence ne porte pas que la grammaire. Il est également considéré pour des raisons pratiques et esthétiques, que ce mot long est difficile à chanter en accentuant sur le א. L'accentuation étant impossible sur le ה car on n'accentue pas un hataf, il est d'usage de chanter le mot en accentuant sur le ל. C'est le choix fait par le Rav Zecharia Zermati sur l'enregistrement.

XIX-8 וַיָּשֶׁב : Mille’el (il a rapporté) ; ne pas confondre avec וַיַּשֵּׁב Vayyasshev, (Bereshit XV-11) : il a soufflé.

Qamats ‘Hatouf

XVIII-23 וְיָכָלְתָּ : l'accent est sur le ת. Le כ porte un Qamats ‘Hatouf (syllabe fermée non accentuée). Prononcer veya-hol-ta.

Distinction adjectif / verbe

XIX-16 חזק (khazaq) : fort (adjectif)

XIX-19 וחזק (vekhazeq): il est fort (verbe)

Ta’am Ta’hton / Ta’am ‘Elyon :

Parashat Yitro contient les עשרת הדברות (dix commandements), lesquels sont affectés de deux systèmes de cantillation différents : le Ta’am Ta’hton (ou inférieur) et le Ta’am ‘Elyon (ou supérieur). Dans la tradition séfarade, le Ta’am ‘Elyon est réservé à la lecture publique de la Torah, alors que le Ta’am Ta’hton est utilisé pour les autres circonstances, notamment l’étude.

Les différences entre ces deux systèmes ont des implications sur la présence ou l’absence de Dagesh :

XX-8 וְעָשִׂיתָ כָּל־מְלַאכְתֶּךָ : En Ta’am Ta’hton, le mot ועשית porte un Tar’ha, qui est Ta’am Mafsiq. Le כ qui suit porte donc un Dagesh Qal. En Ta’am ‘Elyon, le mot ועשית porte un Shofar Holekh, qui est Ta’am Mesharet. Le כ qui suit ne porte donc pas de Dagesh.

XX-12 לֹא תִרְצָח לֹא תִנְאָף לֹא תִגְנֹב : En Ta’am Ta’hton, le mot לא porte à chaque fois un Ta’am Mesharet (Maarikh ou Shofar Holekh). Le ת qui suit ne porte donc pas de Dagesh. En Ta’am ‘Elyon, le mot לא porte à chaque fois un Tar’ha, qui est Ta’am Mafsiq. Le ת qui suit porte donc un Dagesh Qal.